PODCAST Interview # 006. Interview spécial podcasthon 2026 : Coeur en partage - Carmen


Episode interview spécial podcasthon avec Carmen. Ensemble, on explore son parcours au cœur de l'association "Cœur en partage".


🎧 Je passe à l'écoute

Temps d'écoute : 24 min



Contact de l'association "Cœur en partage"


Informations et références transmises dans l'épisode


📖 Lire l'épisode avec Carmen de "Cœur en partage"

(retranscription simplifiée, il y a beaucoup plus de contenu et des surprises dans l'audio)


🎙️ : Céline Renou

Allez, c'est parti !

Aujourd'hui, épisode spécial dans le cadre du Podcaston.

Le Podcaston, c'est une semaine dans l'univers du podcast. Tous les podcasters ont l'opportunité de publier un épisode inspirant dont l'intention est de faire connaître une association caritative. L'idée est de créer une grande vague de solidarité caritative.

En 2026, c'est la quatrième édition en France. Cette année, il y a plus de 20 000 inscrits dans 63 pays différents. Il y a plus de 600 francophones.

L'objectif est simple et puissant : faire connaître des associations caritatives et créer une grande vague de solidarité à travers nos voix.

Je suis très heureuse de faire partie de ce rassemblement qui porte de belles valeurs humanistes.

Aujourd'hui, nous allons interviewer Carmen, présidente de l'association Cœur en Partage.

J'ai rencontré Carmen lors du festival Sam Africa, Samatan dans le Gers, et ce qui m'a immédiatement touchée, c'est son ouverture du cœur, sa sensibilité, la tête sur les épaules et les pieds sur terre.

Vous allez entendre une parole incarnée et un engagement vivant pour l'humain.

Bonjour. Bienvenue Carmen

👋 : Carmen de l’association Cœur en partage

Bonjour Céline. Merci beaucoup.

Je suis ravie d'être à tes côtés aujourd'hui.

🎙️ : Céline Renou

Rapidement, tu peux présenter l'association Cœur en Partage et quelle est sa vocation caritative ?

👋 : Carmen de l’association Cœur en partage

Oui, bien sûr, avec grand plaisir.

Donc, Cœur en Partage, c'est une association de solidarité internationale qui a été créée en 2007 par des membres de ma famille et qui œuvre au Bénin.

Le Bénin, c'est un petit pays d'Afrique de l'Ouest. C'est l'ancien Dahomey, c'est un des pays les plus pauvres de la planète. Et malheureusement, là-bas, il y a beaucoup de pauvreté et surtout un problème d'accès à l'éducation.

Les enfants, malheureusement, sont souvent utilisés, exploités, travaillent dans les champs, sur les marchés. Donc nous, on a voulu un peu s'insurger contre ça.

L'association a trois missions.

La première, c'est l'accès à l'éducation.
La deuxième, c'est l'accès à la santé, parce que tout est lié. Si l'enfant n'est pas en bonne santé, il ne peut pas bien étudier à l'école.
Et la troisième mission, c'est une mission d'accès à l'eau, parce que l'eau, c'est la vie.

🎙️ : Céline Renou

Et rapidement, si l'association, ça devait être un végétal, un symbole, un objet, ou toute autre chose, pour toi, ce serait quoi ?

👋 : Carmen de l’association Cœur en partage

Alors, l'association a un logo qui est composé de trois ronds et d'un cœur au milieu.

Les trois ronds ont une valeur très importante au Bénin : c'est la réponse positive à une demande de mariage. Donc, c'est un engagement formel.

Le point de départ de cette association, comme je le disais tout à l'heure, qui a été créée par des membres de ma famille en France et au Bénin... Mon oncle, Célestin Outscheme, qui était quelqu'un d'assez important au niveau de Bohicon, c'est là où on travaille, a constaté l'extrême pauvreté et a dit : « C'est pas possible, je peux pas laisser faire ça. Marianne, Olivier, aidez-moi à faire quelque chose. »

Et ils ont répondu positivement et se sont engagés formellement, sans savoir ce qu'ils allaient faire, mais ils ont dit : « On va t'aider. »

🎙️ : Céline Renou

C'est qui Marianne et Olivier ?

👋 : Carmen de l’association Cœur en partage

C'est les fondateurs, c'est mon oncle et ma tante, qui sont en région parisienne et qui ont fondé l'association en 2007.

🎙️ : Céline Renou

Et tu disais que, c'est une région particulière au Bénin sur laquelle vous travaillez ?

👋 : Carmen de l’association Cœur en partage

Tout à fait.

Le Bénin, en fait, il y a deux capitales : la capitale administrative, qui est Porto-Novo, et la capitale économique, qui est Cotonou.

Cotonou, c'est vraiment au sud du pays, au bord de l'océan. Et quand on quitte Cotonou en remontant vers le nord, à 120 km, on va retrouver Bohicon, qui est une ville.

Et nous, on travaille dans des villages tout autour de cette ville.

🎙️ : Céline Renou

Finalement, c'est le logo de l'association, avec cette symbolique d'engagement des trois ronds ?

👋 : Carmen de l’association Cœur en partage

L'idée, c'était d'être ancrée dans la culture, parce qu'il y a quand même un patrimoine culturel qui est très fort au Bénin.

Et puis, voilà, d'être vraiment dans cette idée de… On ne vient pas imposer. On pose quelque chose, une idée, on répond à une demande.

Et ça, c'est vraiment la philosophie de l'association. C'est-à-dire qu'on part toujours des besoins de la population béninoise et on essaye d'y répondre le mieux qu'on peut avec nos petits moyens.

🎙️ : Céline Renou

Et si l'association avait trois talents, ce serait quoi ? Les trois talents de Cœur en Partage ?

👋 : Carmen de l’association Cœur en partage

Alors, les trois talents de Cœur en Partage, justement, c'est encore le logo.

On a une phrase un petit peu totem qui est : « Construction, ensemble et partageons. »

On a repris les initiales de Cœur en Partage.

C'est vraiment cette idée de construction. On construit des salles de classe, on les équipe avec du matériel scolaire, on fait venir des jeunes étudiants en médecine, des jeunes scouts qui viennent faire un chantier solidaire.

On construit ensemble.

Et surtout, on partage. On partage des valeurs fortes et on fait un pont. Au lieu de construire des murs, on fait un pont entre deux continents, entre la France et le Bénin.

🎙️ : Céline Renou

Et qu'est-ce qui fait que c'est un sujet important pour toi et qui s'est inscrit dans ton parcours de vie ?

👋 : Carmen de l’association Cœur en partage

Déjà, comme je l'ai dit en préambule, c'est des membres de ma famille, donc il y a quand même une histoire familiale, affective, qui est forte.

Moi, je suis d'origine béninoise. Je suis née en France et j'ai toujours vécu en France, mais mes parents nous ont élevés, avec mes frères, avec cette volonté de ne pas rompre les liens.

On était toujours en lien avec la culture, donc on a toujours voyagé pour garder le lien avec la terre des ancêtres, avec la famille.

Donc, de toute façon, il y avait cet appel qui, tôt ou tard, était là et allait se révéler.

J'ai toujours eu, quelque part, un engagement à vouloir aider les autres, être dans l'intérêt général.

Et là, quand ma tante et mon oncle, en 2007, ont créé cette association, j'ai dit : « Je veux faire partie de l'aventure. »

Au départ, j'ai voulu apporter mes compétences à mon niveau, parce que moi, je viens quand même du milieu de la communication, un petit peu commercial.

Je me suis dit : je vais aider à apporter de la visibilité à cette association, construire des outils de communication.

Et cette fibre un petit peu commerciale, au niveau de la vente, je me suis dit : je vais tenir des marchés d'artisanat. Ça va me permettre de valoriser l'artisanat béninois, qui est vraiment très beau, magnifique. C'est vraiment des choses que moi j'ai envie de partager.

Et puis, en même temps, ça permet de collecter des fonds pour pouvoir mener les actions de l'association.

Le point de départ, c'est vraiment cet appel aux sources et puis cette aventure familiale dans laquelle je me suis engagée.

🎙️ : Céline Renou

Et pour toi, ça a été quoi la graine de départ dans la création de cette asso, finalement ?

👋 : Carmen de l’association Cœur en partage

Alors, la graine de départ, en effet, c'est les enfants, puisqu'on parlait tout à l'heure de la mission première : l'accès à l'éducation.

Moi, comme je le disais, je suis allée très souvent au Bénin et j'ai grandi en voyant les différences entre le système éducatif français et béninois.

En France, on oublie parfois qu'on a beaucoup de chance. Même si tout n'est pas parfait, on a quand même des conditions privilégiées.

Dans les écoles au Bénin, il peut y avoir 90 élèves, peut-être pas de bancs, pas de chaises, pas de livres.

Et quand même, les enfants viennent, font de longs chemins sous le chaud soleil pour venir jusqu'à l'école, parce qu'ils savent que c'est une clé, une porte de sortie, une clé de réussite.

La jeunesse, c'est l'avenir. Donc j'avais envie de pouvoir aider ces enfants-là à sortir de la pauvreté, à sortir justement de l'exploitation, et de leur donner une lueur d'espoir et une manière de s'en sortir.

L'idée première, elle est là.

Le fait d'aller souvent sur place au Bénin, ça coule de source. C'est les rencontres, c'est le contact.

On se dit : bon, ben oui, je ne peux pas rentrer comme ça et faire comme s'il ne s'était rien passé. Il faut que je continue ici en France à développer des projets, à porter cette parole et avoir cette fierté de pouvoir revenir aux sources et se dire : bon, ben voilà, moi, je contribue quand même à quelque chose, à développer le pays, même si c'est une goutte d'eau.

Les petits ruisseaux font les grandes rivières, donc il faut y croire.

🎙️ : Céline Renou

C'est toi qui as décidé de ne pas fermer les yeux, de laisser les portes ouvertes pour que ça puisse circuler et d'amener ta contribution, mettre ta pierre à l'édifice, en fait.

Et tu as choisi de t'engager, du coup, entre guillemets, dans ça, même si ce n'est pas le but, en fait. C'est une façon d'être humain.

Et d'être en lien et en partage. Le nom d'association porte toutes ces valeurs.

En t'engageant dans cette cause, qu'est-ce qui a changé ta manière de voir le monde ou de te voir toi-même ?

👋 : Carmen de l’association Cœur en partage

De voir le monde, c'est quelque chose de positif. C'est de l'espoir. C'est ne pas être fataliste, même si l'ampleur de la tâche est immense.

Il y a des petites graines, des petites choses à faire qui se développent.

L'association va bientôt avoir 20 ans. On a réussi à traverser le temps, à faire de belles choses, à permettre à des enfants d'aller à l'école.

Au départ, c'était l'école primaire, puis on est passé au collège.

Au niveau de la santé, on a travaillé avec un dispensaire, deux dispensaires, trois dispensaires, l'hôpital.

Au niveau de l'eau, on a construit d'abord une pompe, puis un château d'eau. Là, on a des projets d'irrigation.

Ce sont des projets qui s'inscrivent dans le temps, qui grandissent et qui permettent vraiment d'améliorer les conditions de vie des populations locales.

Et c'est un tel enrichissement d'embarquer d'autres personnes avec soi, que ce soit le Cercle des Amis, des mécènes, des donateurs, des jeunes Français qui viennent faire des chantiers solidaires.

C'est cette grande vague de solidarité à laquelle on contribue collectivement.

Je trouve que c'est vraiment ça qui est important et enrichissant.

🎙️ : Céline Renou

Et quels sont les freins, les résistances, les difficultés que vous rencontrez en tant qu'association, ou même toi ?

👋 : Carmen de l’association Cœur en partage

La difficulté aujourd'hui, c'est en effet le nerf de la guerre : collecter des fonds pour pouvoir poursuivre les projets.

On sait qu'aujourd'hui, ça reste compliqué.

Le milieu associatif, c'est un milieu où on s'investit, où on est passionné, parfois jusqu'à s'épuiser, parce qu'on ne compte pas ses heures.

Quand on est passionné, engagé, on peut arriver à ne pas savoir mettre des limites.

On a eu notre Assemblée Générale il y a quinze jours et on se rend compte qu'on a moins de donateurs, moins de soutien. On a besoin de se recentrer sur l'essentiel.

Il y a peut-être aussi besoin de renouveau. Il y a ce côté transmission qui est important.

C'est quelque chose qui me permet de garder espoir.

Ce n'est pas une lutte, c'est une conviction.

C'est important pour moi, mais c'est important aussi de partager autour de moi l'importance d'être solidaire, de ne pas forcément se regarder le nombril ou être entre soi.

Cette ouverture, le fait d'aller vers une culture qui est éloignée de la nôtre, c'est un enrichissement énorme dans les deux sens.

🎙️ : Céline Renou

Du coup, malgré tout ça, qu'est-ce qui te donne envie vraiment de continuer ?
Qu'est-ce qui te nourrit, te soutient et te remet en mouvement ?

👋 : Carmen de l’association Cœur en partage

Pour moi, c'est les bénéficiaires, encore une fois.

Quand on est en engagement associatif, c'est de voir tout ce qu'on fait, toute l'énergie, tous les montages qu'on essaie de soulever, à quoi ça sert concrètement.

Et moi, quand je suis sur place au Bénin et que je vois les élèves qui nous reconnaissent, qui nous accueillent superbement, qui progressent, qui s'amusent aussi…

Parce qu'au Bénin, malheureusement, les enfants ont peu d'espace pour rêver, pour s'amuser.

On permet ça avec les étudiants qui viennent faire du soutien scolaire, qui viennent faire des activités.

Donc ça, c'est magique, en fait.

Et quand on voit, par exemple, dans un village isolé qui a accès à l'eau, qu'au lieu de faire des kilomètres, les femmes et les enfants ont leur bassin sur la tête, certes, mais l'eau coule…

C'est des satisfactions énormes.

On se dit que même si ce n'est pas facile tous les jours, qu'il faut se battre, qu'il faut se lever le matin, aller faire de la logistique, faire des marchés, convaincre, vendre, etc., le résultat est là et c'est tellement gratifiant.

🎙️ : Céline Renou

Comme tu dis, ça aide à se lever, ça aide à garder la foi.

Là où ça paraît énorme, tout ce qu'il y a à faire, finalement, cette goutte d'eau dans l'océan nourrit déjà énormément de personnes.

C'est déjà super vaste, ce qui est créé là.

Si une personne qui nous écoute se sent touchée, concernée, interpellée par toi, par ce que tu partages, par l'association Cœur en Partage, qu'est-ce que tu conseillerais ? Par quoi commencer ?

👋 : Carmen de l’association Cœur en partage

Déjà, peut-être venir nous rencontrer, nous contacter pour en savoir plus sur nos actions, sur ce qu'on fait.

Ça peut être tout simplement s'abonner à nos réseaux sociaux.

On a un compte Facebook, un compte Instagram, un compte TikTok, où on essaie de valoriser les actions en France comme au Bénin, faire des petites vidéos, des reportages, ce genre de choses.

Évidemment, adhérer à l'association. Comme je disais tout à l'heure, c'est le nerf de la guerre : soutenir les projets, nous donner la force et le courage de continuer.

Faire des dons, venir nous rencontrer sur les marchés, acheter notre artisanat, discuter avec nous, s'intéresser, échanger.

Partager, voilà.

Pour tout ça, je mettrai en description le lien de l'association, le lien des réseaux sociaux. Vous aurez tout ce qu'il faut pour vous renseigner et contacter.

🎙️ : Céline Renou

Partager, voilà.

Pour tout ça, je mettrai en description le lien de l'association, le lien des réseaux sociaux. Vous aurez tout ce qu'il faut pour vous renseigner et contacter.

Merci beaucoup Carmen et merci d'avoir été avec nous dans la Grenade Hypnotique.

👋 : Carmen de l’association Cœur en partage

Merci à toi, Céline.


Podcasthon :

Article de blog dédié au podcasthon : ici.

Site internet du podcasthon : ici.

Hello asso du podcasthon: ici.


"Au lieu de construire des murs, on fait un pont entre deux continents, entre la France et le Bénin."


Merci pour le temps que vous avez dédié à cette lecture.


Podcast animé par Céline Renou,

Hypnothérapeute depuis 2022 à Colomiers près de Toulouse.

La lettre Hypnotique

Des articles qui dégoupillent les idées reçu, des interviews et audios d’auto-hypnose.